Ressources numériques en sciences humaines et sociales OpenEdition Nos plateformes OpenEdition Books OpenEdition Journals Hypothèses Calenda Bibliothèques OpenEdition Freemium Suivez-nous

Annonce de conférence – “La guerre au travail, 1914-1920 : Étrangers et coloniaux à l’usine et dans les champs” (Paris, 20 mai 2014)

L’UniverCité

Saison 2013-2014

Cité nationale de l’histoire de l’immigration, Paris


Mardi 20 mai 2014, à 18h30

La guerre au travail, 1914-1920 : Étrangers et coloniaux à l’usine et dans les champs

Conférence de  Laurent Dornel, Université de Pau et des Pays de l’Adour

présentée par Marianne Amar,  Cité nationale de l’histoire de l’immigration

 

À l’occasion de la Première Guerre mondiale, en raison d’une grave pénurie de main-d’œuvre, la France – cas à peu près unique en Europe – fit appel à un très grand nombre de travailleurs étrangers européens surtout, mais aussi coloniaux  et chinois. Si les soldats coloniaux ont suscité une littérature scientifique assez abondante, tel n’est pas le cas des ouvriers étrangers, coloniaux et chinois. Or l’histoire de cet épisode migratoire, qui se situe à la croisée de l’histoire de l’immigration, de la colonisation, de la guerre et de l’État, présente des enjeux essentiels.

La guerre pose, pour la France, la question migratoire en des termes nouveaux. L’État, dont le rôle s’était limité à la surveillance des immigrés, devient en quelques mois un acteur majeur du processus migratoire. C’est lui qui, directement, recrute et transporte les ouvriers coloniaux et chinois, les répartit sur le territoire français, les surveille étroitement, leur affecte des emplois et impose des contrats aux employeurs privés et publics.

L’arrivée de ces milliers de travailleurs coloniaux et d’étrangers se traduit par des formes de transfert des catégories et de la domination coloniales sur le territoire métropolitain. Les autorités françaises mettent en place des structures administratives nouvelles qui institutionnalisent l’existence de deux types de main-d’œuvre pensés désormais comme radicalement distincts : d’un côté la main-d’œuvre européenne ou « blanche » (la whiteness devient ainsi une catégorie administrative), de l’autre les coloniaux (« indigènes ») et les Chinois souvent désignés par leur « couleur ». Avant même la fin de la guerre, les premiers sont définis comme « désirables », tandis que les seconds, racialisés, sont construits officiellement comme inassimilables et par conséquent « indésirables ». La guerre marque ainsi la naissance des indésirables, motif majeur de la xénophobie et du racisme de l’entre-deux-guerres.

Après la conférence, nous aurons le plaisir de vous inviter autour d’un verre

 pour fêter la fin de la saison 2013-2014


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Postdoc Axe 5 (9 mai 2014). Annonce de conférence – “La guerre au travail, 1914-1920 : Étrangers et coloniaux à l’usine et dans les champs” (Paris, 20 mai 2014). L'Europe des guerres et des traces de guerre. Consulté le 12 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/pe8h


Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.